Episodes

  • [Moment] Pourquoi la France est autant endettée avec autant d'impots? avec Antoine Foucher
    Oct 1 2026
    Ceci est un extrait hyper écouté d'un épisode existant qui est en lien un peu plus bas. Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail et fondateur de Quintet Conseil. Dans son dernier livre, Sortir du travail qui ne paie plus, il démonte une à une les explications faciles sur la panne de notre modèle social.Ce moment fait partie de ceux qui m'ont valu le plus de messages. Je suis arrivé avec une idée toute faite : la croissance de ces dernières décennies serait partie chez les plus fortunés. Antoine m'a arrêté net, chiffres de l'INSEE, du Trésor et de la Banque de France à l'appui. Le partage de la valeur entre travail et capital n'a pas bougé depuis 1945. Deux tiers, un tiers. Alors où est passé l'argent ?Dans cet épisode, nous parlons de ce qui s'est creusé entre le salaire brut et le salaire net en cinquante ans, de la démographie qui a fait doubler les cotisations retraite, et de cette drôle de situation où les actifs financent des pensions qui finissent en partie en épargne. J'ai questionné Antoine sur la réforme des retraites, sur la manière de répartir les efforts sans déclencher une guerre des générations, et sur ce qui pourrait enfin bouger avant 2027. Il ne tape sur personne. Il remet simplement les chiffres sur la table et pose une question simple : est-ce qu'on veut que le travail et le mérite redeviennent la façon de trouver sa place dans la société ?3. Citations marquantes« Il y a 50 ans, quand on gagnait 100 balles, on en gardait 69. Aujourd'hui, on en garde 54. »« La gauche dit c'est la faute des riches, la droite dit c'est la faute des pauvres. Comme les deux sont faux, on ne résout pas le problème. »« Quelqu'un qui dit ce que je dis et qui se présente aux élections, il est sûr de perdre. »« Il n'y a aucun retraité qui a envie que ses enfants et ses petits-enfants vivent moins bien qu'eux. »« C'est par le travail et par le mérite que l'on trouve sa place, et pas par la naissance, la rente ou l'héritage. »4. Idées centrales (Big Ideas)1. Le partage travail-capital n'a pas bougé depuis 1945 (00:26)Deux tiers pour le travail, un tiers pour le capital, comme il y a 50 ans.Pourquoi ça compte : ça fait tomber l'explication la plus répandue à gauche sur la stagnation des salaires.2. L'argent supplémentaire est parti dans les dépenses sociales, surtout les retraites (01:40 - 03:00)300 milliards de dépenses publiques en plus en 40 ans, dont plus de la moitié pour les retraites. La solidarité (RSA, chômage) ne pèse que 10 % de cette hausse.Pourquoi ça compte : ça fait aussi tomber l'explication de droite sur « l'assistanat ».3. Le coin entre brut et net s'est creusé (01:40 - 02:18)De 69 euros gardés sur 100 il y a 50 ans à 54 aujourd'hui.Pourquoi ça compte : c'est la traduction concrète, sur la fiche de paie, de l'idée que le travail ne paie plus.4. Un problème démographique dont on n'a pas tiré les conséquences (05:29 - 06:57)3 actifs pour 1 retraité il y a 40 ans, 1,7 aujourd'hui. Les cotisations retraite sont passées de 15 % à 30 %.Pourquoi ça compte : Antoine refuse le procès générationnel. Personne n'a triché, on a juste regardé ailleurs.5. Geler la revalorisation des pensions au-dessus du salaire médian (07:37 - 08:58)Pas de baisse, mais 4 à 5 ans sans revalorisation pour les 20 % de retraités au-dessus de 2 000 euros, pour financer industrie, transition, éducation.Pourquoi ça compte : c'est une piste concrète, chiffrée et assumée.6. L'absurdité de l'épargne qui monte avec l'âge (08:58 - 09:39)Les plus de 65 ans détiennent 25 % de l'épargne : des actifs financent des pensions qui partent en partie en épargne.Pourquoi ça compte : ça remet en cause l'argument de la consommation.7. Le blocage est électoral, pas économique (03:00 - 03:50 / 09:39 - 11:30)14 millions de retraités votent, les moins de 60 ans beaucoup moins. Mais ça commence à bouger avant 2027.Pourquoi ça compte : le sujet du travail qui paie devient celui du mérite comme principe de répartition des places.5. Questions posées dans l'interviewOù est vraiment passée la croissance des 40 dernières années ?Est-ce vrai que les plus riches ont capté l'essentiel de la valeur créée ?Pourquoi le travail ne paie-t-il plus en France ?Que reste-t-il réellement sur 100 euros gagnés en travaillant, et comment ça a évolué ?Pourquoi ni la gauche ni la droite ne disent ce que tu dis ?La réforme des retraites était-elle la bonne réponse à un vrai problème ?Comment un simple problème démographique a-t-il fini par peser sur toutes les fiches de paie ?Comment demander un effort aux retraités sans lancer une guerre des générations ?Que ferait-on concrètement de l'argent dégagé par un gel des pensions les plus hautes ?Le pouvoir d'achat sera-t-il le sujet central de la présidentielle 2027, et que cache-t-il vraiment ?6. Références citéesInstitutions et sources statistiquesINSEE, Trésor,...
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    12 mins
  • #408 Coming-in : le chemin vers soi-même avec Iris Brey
    Sep 29 2026
    Iris Brey est autrice, critique de cinéma et réalisatrice. Elle publie cette année "Une réponse", un récit intime dans lequel elle raconte comment elle est devenue lesbienne, ce que l'inceste a laissé dans sa vie et la façon dont sa famille a réagi quand elle a parlé.On a démarré par l'astrologie, parce qu'elle tacle les Sagittaire au début du livre et que j'en suis un. Puis on est passés au placenta, cette poche mouvante qui ouvre le récit et qui lui sert de métaphore pour l'écriture. Très vite, la conversation est devenue l'une des plus déplaçantes que j'aie eues sur Vlan!. Iris dit les choses sans détour, avec beaucoup de douceur et beaucoup de colère à la fois. Ça oblige à regarder sa propre vie autrement, surtout quand on est un homme hétérosexuel comme moi.Dans cet épisode, nous parlons de la puissance d'une rupture amoureuse. On parle aussi de l'idée que l'hétérosexualité s'apprend, comme on apprend à performer un genre, et du coming in, ce concept d'Élodie Font qu'Iris trouve juste sans que ce soit tout à fait le sien. J'ai questionné Iris sur ce qu'elle a laissé derrière elle en quittant la norme : les talons, les vêtements qui serrent, le sac à main, le maquillage et surtout la charge mentale, qui a disparu de son quotidien. Elle raconte les conversations de couples hétéros entendues dans le train et les dîners bourgeois où l'on parle d'enfants et d'immobilier. À l'inverse, il y a les apéros entre familles lesbiennes, où l'on parle de la Biennale de Venise et où l'on s'organise pour garder les enfants. C'est en tous cas, sa manière de voir les choses.On a parlé d'amitié entre hommes et femmes et du test de Bechdel, qu'elle a raconté dans son livre précédent. On a aussi parlé de repli identitaire. Mais également de l'inceste comme système de domination, bien plus que comme pédophilie. Une de ses phrases m'est restée longtemps après l'enregistrement : les gens sont toujours du côté du dominant. Iris explique comment elle a tout dit à son fils Otto, qui va avoir sept ans, et pourquoi il sait aujourd'hui nommer le harcèlement ou le racisme dans la cour de récréation. On finit sur l'érotisation de la violence dans la création et sur son envie d'ouvrir la porte à des génies qui ne seraient pas forcément méchants.Citations marquantes« C'est hyper joyeux de ne pas savoir. Ça demande d'être extrêmement actif dans sa vie et dans son désir. »« Les gens sont toujours du côté du dominant, partout, tout le temps. »« L'impulsion n'est pas la pédophilie, c'est la domination. »« On a de la valeur en dehors du regard des hommes. À partir du moment où on n'en a plus rien à faire, c'est extrêmement libérateur. »« Le neutre est toujours masculin et blanc. »Idées centrales1. L'hétérosexualité s'apprend, comme le genre (00:09:00)Pour Iris, on ne naît pas homme ou femme, et le désir se construit de la même façon : on est toutes et tous éduqués à être hétérosexuels et à être heureux dans ce cadre. Très peu de récits montrent d'autres voies.Pourquoi ça compte : la plupart des hétérosexuels ne se demandent jamais comment leur désir a été fabriqué. Poser la question ouvre de la liberté pour tout le monde, pas seulement pour les minorités.2. Sortir de la norme, c'est écrire sa vie sans script (00:12:23)Avec l'hétérosexualité, on attendait d'elle qu'elle trouve un garçon « sympa, beau et riche », puis un mariage, un enfant et un bien immobilier. Aujourd'hui, rien n'est écrit et c'est à elle de tout inventer. C'est une mise en danger, mais elle ne se sent plus du tout passive.Pourquoi ça compte : on passe tellement de temps à défaire ce qu'on attend de nous qu'il en reste très peu pour penser à ce dont on a envie.3. Le corps et la charge mentale, prix invisible de la féminité (00:15:07 et 00:20:30)Talons, sac à main, maquillage, épilation, régimes : ces détails décident de la façon de marcher et de se déplacer, et de l'usage du temps et de l'argent. En partageant sa vie avec une femme, Iris découvre une existence sans charge mentale et sans conversations logistiques.Pourquoi ça compte : sa vie d'aujourd'hui ressemble trait pour trait à la vie ordinaire d'un homme. Ça montre tout ce que portent les femmes.4. On exclut celui qui dérange l'ordre (00:28:04 et 00:41:35)Qu'on soit lesbienne ou victime d'inceste, dès qu'on devient « disruptif pour l'ordre », on est exclu au lieu d'être entendu. Dans l'inceste, c'est l'enfant qu'on éloigne, pas l'agresseur.Pourquoi ça compte : pour se ranger du côté des victimes, il faut avoir déconstruit ses propres violences. Sinon, la société penche toujours vers le dominant.5. L'inceste relève de la domination, pas de la pédophilie (00:39:25)Iris s'appuie sur les enquêtes de l'anthropologue Dorothée Dussy : les agresseurs choisissent l'enfant perçu comme le plus faible, celui qui se taira. Et la façon dont on entre dans la ...
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    1 hr and 9 mins
  • 📣 Vlan! présente Au coeur de votre pratique, le podcast de l'Assurance Maladie - L’activité physique adaptée
    Oct 1 2026

    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Au coeur de votre pratique, le podcast de l'Assurance Maladie ici

    L’activité physique adaptée

    Comment prescrire et bien orienter les patients vers une activité physique adaptée, ce n’est pas si facile. Surtout quand elle s’adresse à des patients atteints de maladies chroniques, qui doivent souvent faire face à des challenges pour se remettre à bouger au quotidien. Comment la prescription fonctionne concrètement ? Comment se déroule la prise en charge ? Et en quoi consiste ce programme d’activité adapté ?

    Témoignages par celles et ceux qui la vivent, professionnels et patients.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    15 mins
  • #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 2)
    Sep 22 2026
    Loïc Hecht, journaliste. Il vient de publier La Simulation (Les Arènes), le récit de dix ans d'enquête sur cette idée qui fascine la Silicon Valley : et si notre monde n'existait pas vraiment ?Peut-être que le sujet de cet épisode va vous surprendre. Peut-être que vous allez vous demander si je suis devenu fou. C'est d'ailleurs exactement la réaction que j'ai eue en découvrant le travail de Loïc : what the fuck. Sauf que son livre n'est pas un essai de plus sur une théorie de geeks. C'est une enquête, écrite à la première personne, presque à la Tintin, où il part rencontrer les gens qui prennent cette hypothèse au sérieux. Et sa première surprise, c'est de découvrir qui ils sont : astrophysicien à la NASA, chercheur en intelligence artificielle à Berkeley, mathématicien à Caltech, ingénieur au MIT. Des institutions qui fabriquent des prix Nobel. Cette conversation est allée beaucoup plus loin que prévu. Dans cet épisode, nous parlons de physique quantique, de l'expérience des fentes de Young, de ce que les neurosciences n'arrivent toujours pas à expliquer, du programme de remote viewing financé par la CIA pendant vingt ans, des psychédéliques, de Copernic et de la peur du bûcher.J'ai questionné Loïc sur le moment où son enquête s'est retournée contre lui. Parce que plus il cherchait le glitch dans la réalité, plus il tombait sur une autre question, beaucoup plus intime : qui suis-je dans tout ça ? Et là, la simulation la plus solide n'est plus celle de l'univers. C'est celle qu'on a construite autour de soi pour être aimé.Je ne sais toujours pas si on vit dans une simulation. Mais je sais qu'il y a des choses fondamentales qu'on croit vraies et qui sont probablement fausses. Et ça, c'est passionnant.Citations marquantes« La réalité telle qu'on la perçoit est une hallucination contrôlée. Le cerveau fabrique une vision de la réalité qui est celle qui nous sert le mieux en matière de survie. » (Loïc Hecht)« Je ne dis pas qu'on vit dans une simulation. Mais c'est vraiment une possibilité qu'on ne devrait pas écarter. » (Rich Terrile, astrophysicien à la NASA, rapporté par Loïc Hecht)« En dernier lieu, la première des simulations, c'est la simulation de nous-même. Et elle repose sur une éducation, des peurs, des traumas, et sur des stratagèmes qui vont nous permettre d'être aimés. » (Loïc Hecht)« L'économie n'existe pas. C'est un imaginaire, mais dans lequel on croit tellement qu'on est prêt à mettre notre vie en danger. » (Grégory Pouy)« Une fois que ça a été vu, ça ne peut plus être non-vu. » (Loïc Hecht)Idées centrales discutées1. La simulation n'est pas une idée de la Silicon Valley, c'est une intuition vieille de 2500 ans (04:04 → 06:19)Platon et la caverne, le Bouddha et l'illusion, Descartes et le malin génie, Kant, Berkeley. À chaque époque, l'humanité rhabille la même intuition avec le langage technique du moment. Aujourd'hui le langage du réel, c'est le code. Donc la simulation est informatique.Pourquoi c'est important : ça déplace le débat. Ce n'est pas une lubie de milliardaire sous LSD, c'est une question philosophique permanente qui revient avec un nouveau costume.2. Trois hommes ont fabriqué le récit contemporain (06:50 → 10:32)Les Wachowski avec Matrix en 1999, Nick Bostrom avec son papier Are You Living in a Computer Simulation? en 2003, et Elon Musk qui s'en fait le porte-parole en 2016 à la Code Conference, avec cette histoire de jacuzzi où son frère et lui s'interdisent d'en parler.Pourquoi c'est important : Loïc note lui-même que Musk n'a jamais investi un dollar en publicité. Son mix marketing, c'est de raconter des choses énormes. La théorie sert aussi un business : Neuralink, le métavers, la fusion avec l'IA.3. La physique quantique ne se comporte pas pareil selon qu'on l'observe ou non (21:38 → 29:07)L'expérience des fentes de Young, complexifiée par Wheeler puis par la gomme quantique de Marlan Scully. Tant qu'on n'observe pas, la réalité existe comme un nuage de probabilités superposées. Dès qu'on observe, une seule goutte reste. Terrile fait l'analogie avec GTA : le jeu ne calcule que ce que le joueur regarde, pour économiser de la puissance de calcul.Pourquoi c'est important : c'est robuste scientifiquement, ça a été reproduit, et personne n'explique pourquoi. Einstein lui-même disait qu'il ne pouvait pas se résoudre à croire que la lune n'existe pas quand personne ne la regarde.4. Les neurosciences confirment que nous ne percevons pas le réel (35:53 → 40:50)Les yeux ne voient rien, ils envoient un signal électrique que le cerveau transforme en image. Donald Hoffman parle de l'interface : la réalité c'est le code, notre perception c'est le bureau de l'ordinateur. Si le cerveau devait charger la réalité telle qu'elle est, le tigre aurait le temps de nous manger avant la fin du chargement.Pourquoi c'est important : on n'a pas besoin de croire ...
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    41 mins
  • [SOLO] Pourquoi on adore regarder la fin du monde ?
    Sep 24 2026
    Nouvel épisode solo comme toutes les 2 semaines. C'est la version longue et parlée de ma newsletter, celle où je prends le temps d'aller au bout de ce que l'écrit ne fait qu'ouvrir.Vous avez sans doute vu passer l'histoire de ce chercheur qui a démissionné d'Anthropic en expliquant que l'IA pourrait mener à la destruction de l'humanité. Son message a été vu plus de 150 millions de fois. Quelques heures plus tard, le responsable de l'équipe chargée précisément d'éviter ça écrivait qu'il estimait ce risque à plus de dix pour cent dans la décennie. Pendant quelques jours, j'ai regardé les débats tourner, et j'ai fini par remarquer une chose qui m'a franchement surpris : personne ne demandait comment. Par quel enchaînement concret un logiciel tuerait-il huit milliards de personnes ?Cette question m'en a ouvert une autre, beaucoup plus personnelle. Pourquoi est-ce que je passe mes soirées devant Walking Dead, Je suis une légende ou L'Armée des 12 singes, et pourquoi suis-je incapable de citer dix films à succès qui montrent un avenir désirable ?Dans cet épisode, nous parlons du seul scénario un peu construit de toute cette séquence, celui d'Annie Jacobsen, et de la raison pour laquelle il occupe 0 % de la conversation. Du mot apocalypse, qui voulait dire « révélation » avant de vouloir dire « tout s'arrête ». Des quatre récits de fin du monde qui nourrissent chacun un appétit différent : la faute, la chasse, le dévoilement et le contre-modèle. De Frankenstein, qui raconte en réalité le danger d'abandonner ce qu'on a créé. De la curiosité morbide, qui nous entraîne à survivre et nous rend en même temps plus perméables au complot. De Nick Bostrom, qui nous a expliqué que nous vivons probablement dans une simulation et que l'IA allait probablement nous tuer. Et de la raison pour laquelle nous préférons une tragédie dont nous sommes les héros à une lente décomposition sans dénouement.Je me suis questionné sur ce que ces récits nous autorisent à ne pas faire, sur le doomisme devenu plus répandu que le climatoscepticisme, et sur ce que la joie rebelle peut opposer à un sombre qui n'offre aucune prise. Et j'ai fini par une conviction : le vrai risque existentiel, c'est peut-être une civilisation qui ne sait plus fabriquer d'images de ce qu'elle veut.À la fin, je vous demande un service. Envoyez-moi une histoire d'avenir désirable, un film, un roman, une série. J'en fais une liste et je la publie.Citations marquantes« Entre deux versions d'un même danger, nous choisissons systématiquement celle qui a un auteur. »« Nous avons pris un mot qui voulait dire "enfin on voit" et nous en avons fait un mot qui veut dire "tout s'arrête". »« Le crime de Victor n'est pas d'avoir fabriqué la créature, c'est d'avoir refusé de s'en occuper. »« Un scénario précis se discute, se conteste, se réfute tandis qu'un scénario vague se partage. »« Une civilisation qui ne sait plus produire d'images de ce qu'elle veut ne peut plus le vouloir collectivement. »(Bonus si besoin d'extraits supplémentaires pour les réseaux)« Le sens revient au moment exact où la vie s'en va. »« Une extinction se combat alors qu'une irréalité, non. »Idées centrales discutées 1. Le vrai risque est ennuyeux, donc invisible≈ 04:15 Le seul scénario construit d'extinction par l'IA repose sur des infrastructures fragiles et bricolées, gérées depuis trente ans par des gens fatigués sous contrainte budgétaire. Aucune créature, aucun coupable, aucun moment où la machine ouvre les yeux. Pourquoi ça compte : c'est le risque dont on peut se prémunir assez facilement, et c'est celui dont personne ne parle. Notre attention va systématiquement à la version du danger qui a un auteur.2. Apocalypse veut dire dévoilement≈ 08:15 Apokalupsis, c'est décrocher le voile. Le glissement vers l'anéantissement est tardif. Et l'hypothèse de la simulation le prouve par l'absurde : un dévoilement pur, sans aucune destruction, qui fascine autant que les récits de fin du monde. Pourquoi ça compte : ce que nous cherchons dans ces histoires, c'est le moment où le voile tombe. La destruction n'est que le véhicule le plus disponible, ce qui ouvre la porte à d'autres véhicules.3. Quatre récits, quatre appétits≈ 10:30 La faute (Frankenstein) donne de la clarté morale. La chasse (Terminator, les zombies) donne un entraînement. Le dévoilement (Matrix) donne une révélation. Le contre-modèle (Avatar) donne un modèle. Pourquoi ça compte : la grille permet de regarder sa propre consommation de récits et de voir ce qu'on y cherche. Et relu de près, Frankenstein transforme la question « faut-il arrêter ? » en une question politique traitable : qui s'occupe de ce qu'on a créé ?4. Une histoire qu'on reconnaît avant de l'examiner≈ 16:40 Le récit de la créature qui se retourne contre son créateur date de 1818, l'expression « intelligence artificielle » de 1956....
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    45 mins
  • #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 1)
    Sep 22 2026
    Loïc Hecht, journaliste. Il vient de publier La Simulation (Les Arènes), le récit de dix ans d'enquête sur cette idée qui fascine la Silicon Valley : et si notre monde n'existait pas vraiment ?Peut-être que le sujet de cet épisode va vous surprendre. Peut-être que vous allez vous demander si je suis devenu fou. C'est d'ailleurs exactement la réaction que j'ai eue en découvrant le travail de Loïc : what the fuck. Sauf que son livre n'est pas un essai de plus sur une théorie de geeks. C'est une enquête, écrite à la première personne, presque à la Tintin, où il part rencontrer les gens qui prennent cette hypothèse au sérieux. Et sa première surprise, c'est de découvrir qui ils sont : astrophysicien à la NASA, chercheur en intelligence artificielle à Berkeley, mathématicien à Caltech, ingénieur au MIT. Des institutions qui fabriquent des prix Nobel. Cette conversation est allée beaucoup plus loin que prévu. Dans cet épisode, nous parlons de physique quantique, de l'expérience des fentes de Young, de ce que les neurosciences n'arrivent toujours pas à expliquer, du programme de remote viewing financé par la CIA pendant vingt ans, des psychédéliques, de Copernic et de la peur du bûcher.J'ai questionné Loïc sur le moment où son enquête s'est retournée contre lui. Parce que plus il cherchait le glitch dans la réalité, plus il tombait sur une autre question, beaucoup plus intime : qui suis-je dans tout ça ? Et là, la simulation la plus solide n'est plus celle de l'univers. C'est celle qu'on a construite autour de soi pour être aimé.Je ne sais toujours pas si on vit dans une simulation. Mais je sais qu'il y a des choses fondamentales qu'on croit vraies et qui sont probablement fausses. Et ça, c'est passionnant.Citations marquantes« La réalité telle qu'on la perçoit est une hallucination contrôlée. Le cerveau fabrique une vision de la réalité qui est celle qui nous sert le mieux en matière de survie. » (Loïc Hecht)« Je ne dis pas qu'on vit dans une simulation. Mais c'est vraiment une possibilité qu'on ne devrait pas écarter. » (Rich Terrile, astrophysicien à la NASA, rapporté par Loïc Hecht)« En dernier lieu, la première des simulations, c'est la simulation de nous-même. Et elle repose sur une éducation, des peurs, des traumas, et sur des stratagèmes qui vont nous permettre d'être aimés. » (Loïc Hecht)« L'économie n'existe pas. C'est un imaginaire, mais dans lequel on croit tellement qu'on est prêt à mettre notre vie en danger. » (Grégory Pouy)« Une fois que ça a été vu, ça ne peut plus être non-vu. » (Loïc Hecht)Idées centrales discutées1. La simulation n'est pas une idée de la Silicon Valley, c'est une intuition vieille de 2500 ans (04:04 → 06:19)Platon et la caverne, le Bouddha et l'illusion, Descartes et le malin génie, Kant, Berkeley. À chaque époque, l'humanité rhabille la même intuition avec le langage technique du moment. Aujourd'hui le langage du réel, c'est le code. Donc la simulation est informatique.Pourquoi c'est important : ça déplace le débat. Ce n'est pas une lubie de milliardaire sous LSD, c'est une question philosophique permanente qui revient avec un nouveau costume.2. Trois hommes ont fabriqué le récit contemporain (06:50 → 10:32)Les Wachowski avec Matrix en 1999, Nick Bostrom avec son papier Are You Living in a Computer Simulation? en 2003, et Elon Musk qui s'en fait le porte-parole en 2016 à la Code Conference, avec cette histoire de jacuzzi où son frère et lui s'interdisent d'en parler.Pourquoi c'est important : Loïc note lui-même que Musk n'a jamais investi un dollar en publicité. Son mix marketing, c'est de raconter des choses énormes. La théorie sert aussi un business : Neuralink, le métavers, la fusion avec l'IA.3. La physique quantique ne se comporte pas pareil selon qu'on l'observe ou non (21:38 → 29:07)L'expérience des fentes de Young, complexifiée par Wheeler puis par la gomme quantique de Marlan Scully. Tant qu'on n'observe pas, la réalité existe comme un nuage de probabilités superposées. Dès qu'on observe, une seule goutte reste. Terrile fait l'analogie avec GTA : le jeu ne calcule que ce que le joueur regarde, pour économiser de la puissance de calcul.Pourquoi c'est important : c'est robuste scientifiquement, ça a été reproduit, et personne n'explique pourquoi. Einstein lui-même disait qu'il ne pouvait pas se résoudre à croire que la lune n'existe pas quand personne ne la regarde.4. Les neurosciences confirment que nous ne percevons pas le réel (35:53 → 40:50)Les yeux ne voient rien, ils envoient un signal électrique que le cerveau transforme en image. Donald Hoffman parle de l'interface : la réalité c'est le code, notre perception c'est le bureau de l'ordinateur. Si le cerveau devait charger la réalité telle qu'elle est, le tigre aurait le temps de nous manger avant la fin du chargement.Pourquoi c'est important : on n'a pas besoin de croire ...
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    47 mins
  • [Moment] L'enfant roi est-il un mythe? avec Papatriarcat
    Sep 17 2026
    Cédric Rostein est le fondateur de Papatriarcat sur Instagram et Youtube, il est devenu un spécialiste de la parentalité et des droits de l'enfant, ancien libraire jeunesse à la Fnac et père de famille.Voici un moment c'est à dire un extrait d'un épisode qui m'a valu beaucoup de retours. Au départ, je lance une idée qu'on entend partout : l'enfant serait devenu roi. Cédric m'arrête tout de suite. Il le fait avec ses chiffres et sa bienveillance, et on sent la complicité entre nous : on s'échange des invités, on se chambre, on avance ensemble. Dans cet épisode, nous parlons de violences éducatives ordinaires, du burnout parental, de la façon dont la France a transformé « les États doivent » en « les parents doivent », et de la loi de 2019 votée sans le moindre accompagnement. J'ai questionné Cédric sur l'idée défendue par Dr Shefali d'élever un enfant « moyen », et il m'a répondu avec une histoire de deux enfants de deux ans et demi : l'un parlait, l'autre grimpait partout, et chaque famille ne voyait que ce qui manquait au sien. C'est un moment qui fait tomber pas mal de certitudes sur l'éducation, l'école et la pression qu'on met sur les parents.Citations marquantes« La notion d'enfant roi, c'est une notion qui est inventée par les réactionnaires. »« 81 % des parents utilisent encore des violences régulièrement sur leurs enfants. »« En France, "les États parties doivent", ça s'est transformé en "les parents doivent". »« Le premier problème de l'école, ce n'est pas de ne pas savoir développer les talents, c'est de les avoir hiérarchisés. »« On avait perdu cet œil d'émerveillement par rapport aux qualités et aux talents de nos enfants. »Idées centrales discutées 1. Le mythe de l'enfant roi (00:38)Les chiffres disent l'inverse : 81 % des parents ont recours à des violences régulières, et un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents.Pourquoi ça compte : ce récit détourne le regard de la réalité que vivent les enfants.2. Le burnout parental vient de la société, pas des enfants (02:39)On fait moins d'enfants, donc il faut « les réussir ». Cette pression vient de la société, et ce ne sont pas les enfants qui font la société.Pourquoi ça compte : on arrête de chercher le problème chez l'enfant.3. De la responsabilité collective à la responsabilité individuelle (03:28)La Convention internationale des droits de l'enfant engage les États. La Suède et l'Espagne ont mis des moyens en face. La France a reporté la charge sur les parents.Pourquoi ça compte : sans moyens, une politique publique devient de la culpabilisation.4. Une loi sans accompagnement (04:10)La loi de 2019 ne vise que l'autorité parentale, pas les institutions. Elle arrive sans campagne ni soutien, et on la présente comme une « loi anti-fessée ». En Suède, en 1979, l'information était imprimée jusque sur les bouteilles de lait.Pourquoi ça compte : on ne change pas les pratiques de toute une société juste en interdisant.5. Accepter un enfant « moyen » (06:15)L'idée de Dr Shefali : renoncer à l'enfant exceptionnel et sortir des superlatifs et de la course à l'avance.Pourquoi ça compte : c'est ce qui enlève la pression à l'enfant comme au parent.6. La hiérarchie des talents (08:25)L'école valorise le français et les maths, et ignore la musique ou les arts. Elle corrige en rouge, même sur un 19/20.Pourquoi ça compte : ce regard centré sur les manques, les parents le reproduisent à la maison.7. « Avancé par rapport à quoi ? » (11:14)Entre 12 et 24 mois, un enfant développe surtout la motricité ou le langage, rarement les deux à la fois. La pression commence dès la maternité et pèse surtout sur les mères.Pourquoi ça compte : les normes de développement deviennent des cases à cocher.Questions posées dans l'interviewL'enfant roi existe-t-il vraiment ou est-ce une construction idéologique ?Que disent réellement les chiffres sur les violences éducatives en France ?Comment les enquêtes mesurent-elles la régularité de ces violences ?Le burnout parental est-il la preuve d'une prise de pouvoir des enfants ?Comment la France a-t-elle traduit la Convention internationale des droits de l'enfant ?Pourquoi la loi de 2019 n'a-t-elle pas changé les pratiques ?Qu'a fait la Suède en 1979 que la France n'a pas fait ?Faut-il accepter d'élever un enfant « moyen » ?En quoi l'école française façonne-t-elle le regard des parents sur leurs enfants ?D'où vient cette obsession de l'enfant « en avance » ?Références citées dans l'épisodeÉtudes et rapportsBaromètre de la Fondation pour l'Enfance sur les violences éducatives ordinaires, publié tous les deux ans (01:11)Rapport de l'IGAS (transcrit « Lingas ») : un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents (02:20)Textes juridiquesConvention internationale des droits de l'enfant (1989-1990), dont l'article 19 (03:28, 04:26)Loi du 10 juillet ...
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  • [SOLO] Je croyais que la nuance était une bonne idée
    Sep 10 2026
    On revient avec les épisode solo, je sais qu'il vous plaisir beaucoup. C'est la version longue et parlée de ma newsletter (quoi!!! Vous n'êtes pas encore abonnés???).Il y a quelques semaines, à Lisbonne, je déjeunais avec Ariel, que mon amie Kenza m'avait présenté. La discussion arrive sur la nuance, que je défends depuis vingt ans comme la posture juste dans un monde polarisé. Je me sentais plutôt fin en le lui expliquant. Il m'a répondu qu'il n'était absolument pas d'accord, que beaucoup de sujets ne méritaient pas d'être pondérés mais combattus. Je suis resté silencieux dix secondes, ce qui est très long, et je n'ai pas su quoi répondre.Quinze jours de lectures plus tard, des sociologues, des psychologues politiques, des historiens des sciences, j'ai compris que la question était beaucoup plus dérangeante que je ne le croyais.Dans cet épisode, nous parlons d'un article de sociologie qui s'appelle littéralement « Fuck Nuance » et des trois pièges dans lesquels je me suis reconnu. De cette étude sur l'Amérique d'avant la guerre de Sécession où les gens les plus fins du débat sur l'esclavage sont ceux qui avaient trouvé le moyen de ne pas conclure. Du mémo interne de l'industrie du tabac qui dit « le doute est notre produit », et de ce métier qui consiste à fabriquer de la complexité à la demande. Des douze discours de retard climatique, dont aucun n'est climatosceptique et qui sont tous nuancés. Du moment où j'ai découvert que j'étais beaucoup plus intransigeant que je ne le croyais, et beaucoup plus arrangeant avec moi-même que je ne l'aurais jamais admis.J'ai questionné ce que ma nuance me coûte vraiment, ce qu'elle me rapporte quand je suis du bon côté du sujet, ce que je dois aux gens plus radicaux que moi dont je bénéficie du travail en gardant les mains propres, et ce qui s'est passé dans ma cuisine le jour où mon ami Thomas de Bon Pote a critiqué mes vols et où j'ai répondu à côté avec beaucoup d'élégance.C'est un épisode qui se retourne contre moi à peu près à la moitié, et je l'ai laissé faire. Si vous avez déjà dit « c'est plus compliqué que ça » en vous trouvant lucide, il est pour vous. Citations marquantes« Réclamer de la nuance, c'est le geste le moins coûteux du monde. On a l'air fin, on ne risque rien, et surtout on n'a rien dit. »« Sur l'esclavage, les gens les plus fins du débat étaient ceux qui avaient trouvé le moyen de ne pas conclure. »« Aucun de ces discours n'est faux. Ils sont tous nuancés. C'est exactement ça, le problème. »« Ma position raisonnable n'est pas neutre. Elle est financée par la réputation d'autres qui se brûlent. »« Une pensée qui ne vous coûte rien n'est probablement pas une pensée, c'est un confort qui a trouvé ses arguments. »Bonus : « J'ai nommé la machine et j'ai fonctionné dedans, dans le même paragraphe. »Idées centrales discutées1. Réclamer de la nuance ne coûte rien, et c'est bien le problème (≈ 04:00)Kieran Healy décrit trois pièges : ajouter des distinctions jusqu'à ce que l'idée n'explique plus rien, exhiber sa finesse comme un signe de goût, et surtout nuancer pour ne jamais conclure, donc ne jamais se tromper, donc ne jamais apprendre.Pourquoi ça compte : ça retourne complètement le prestige social de la position mesurée. « C'est plus compliqué » est toujours vrai, et c'est exactement ce qui le rend inutile.2. La nuance a historiquement servi à ne pas trancher sur l'esclavage (≈ 08:15)L'étude de Tetlock montre que la complexité intégrative la plus élevée se trouvait chez les modérés, ceux qui protégeaient le travail des blancs libres sans toucher à l'esclavage existant. Une position praticable et pas du tout morale.Pourquoi ça compte : c'est le contre-exemple qui fait tomber l'idée que raisonner de façon complexe serait moralement supérieur. Tetlock lui-même le dit.3. Le doute est un produit industriel (≈ 11:20)Le mémo du tabac, les cabinets de « défense de produit », les vingt-huit tactiques recensées sur cinq industries. Personne ne ment, on multiplie les études et on réclame davantage de recherches avant toute décision.Pourquoi ça compte : un mensonge se réfute, un doute s'installe. Et ça touche deux fois plus fort ceux qui s'estiment peu informés, donc ceux qui ont le moins de moyens de se défendre.4. L'équilibre journalistique produit un mensonge sur l'état du savoir (≈ 14:20)Présenter deux experts qui s'opposent dégrade la perception du consensus scientifique, même quand les gens ont le décompte réel sous les yeux. Et les douze discours de retard climatique, dont aucun n'est climatosceptique.Pourquoi ça compte : ça met en cause une pratique qu'on nous a apprise comme une éthique. Le déni pur n'est plus nécessaire, la nuance fait mieux le travail et laisse la posture de la personne raisonnable.5. Maximum de finesse sur les personnes, aucune complaisance sur les principes (≈ 23...
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    43 mins