« J'arrive tout de suite » : thérapie de groupe pour le plus grand mensonge du XXIᵉ siècle
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« J'arrive » est au centre de ce billet d’humeur qui dissèque, avec humour et mauvaise foi assumée, le plus grand mensonge du quotidien moderne. Quand quelqu’un t’écrit « j'arrive tout de suite », tu imagines une personne déjà dans l’ascenseur, presque devant ta porte. En réalité, ce « j'arrive » est souvent envoyé alors que l’autre est encore en slip, en chaussettes dépareillées, en train de se demander s’il se douche ou si « ça passe avec un coup de déo ». Le texte part de cette petite phrase pour raconter une thérapie de groupe fictive dédiée à une espèce bien précise : les retardataires professionnels, ceux pour qui 19h veut dire 19h30, et qui ont toujours une bonne excuse toute prête.
On suit la soirée de celui qui attend : rendez‑vous à 19h, douche faite, tenue choisie, sac prêt, manteau accroché dès 18h40. À 18h55, le message tombe : « J'arrive ». Son cerveau naïf le visualise déjà au coin de la rue, vélo à la main, en train de monter les escaliers. Sauf qu’au même moment, l’autre est encore chez lui, occupé à choisir son t‑shirt, à refaire son classement Spotify ou à répondre à un groupe WhatsApp. Pendant que le temps file, celui qui attend se fige dans ce drôle d’espace entre la porte et le salon, manteau sur le dos, clés dans la main, incapable de lancer un épisode de série ou même de pendre du linge, de peur d’être « coupé » par la sonnette qui ne vient jamais. Le texte décrit avec précision cette attente absurde, faite de bruits de moteurs qui font sursauter, de phares qui donnent de faux espoirs et de camions‑poubelles aperçus plus souvent que le fameux ami en retard.
Puis vient l’autre grand classique : « Là je pars », suivi quelques minutes plus tard du mythique « J’en ai pour 10 minutes ». L’épisode démontre à quel point ces formules sont devenues des unités de temps théoriques, comparables au « dernier verre » qui n’est jamais le dernier. L’auteur démonte le calcul mental du retardataire, qui additionne temps de trajet, temps pour retrouver ses clés, temps pour traîner sur son téléphone, tout en continuant à envoyer des « j'arrive » comme si de rien n’était. En parallèle, celui qui attend commence à douter de lui‑même, hésite à faire une remarque de peur de passer pour la personne trop stricte, finit par lâcher un « t’inquiète, j’avais rien de spécial » alors qu’il vient de sacrifier une bonne partie de sa soirée.
La chute élargit le propos : ce billet n’est pas seulement une plainte contre ceux qui arrivent toujours en retard, c’est aussi un miroir tendu à tous ceux qui laissent leur temps filer par peur de dire non ou de poser des limites. Avec un ton complice, le texte invite l’auditeur à reconnaître ses propres « j'arrive » envoyés depuis le canapé, et à sourire de ces micro‑mensonges collectifs qui empoisonnent les rendez‑vous. L’épisode se termine comme un cri du cœur drôle et salvateur : si toi aussi tu connais quelqu’un pour qui « j'arrive » veut dire tout sauf « je suis en train d’arriver », envoie‑lui ce podcast… mais fais‑le maintenant, pas « j'arrive ».
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