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Câbles sous-marins, le secteur à contrôler absolument ?

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Depuis une quinzaine d’années, la Chine conteste la domination américaine sur ce réseau mondial. Résultat : Washington, longtemps partisan d’un marché libéralisé, intervient de plus en plus directement. L’État américain pèse sur les entreprises privées qui construisent et exploitent ces câbles, au nom de la sécurité nationale.


En parallèle, l’Asie monte en puissance, avec des investissements chinois massifs. Aujourd’hui, la pose de ces câbles est dominée par quelques acteurs : des entreprises françaises comme Alcatel Submarine Networks, japonaises comme NEC, américaines comme SubCom, et chinoises comme Huawei Marine Networks, qui représente environ 10 % du marché. Les géants du numérique financent aussi leurs propres infrastructures. Meta, par exemple, a annoncé en 2024 investir 10 milliards de dollars dans un câble de 40 000 kilomètres faisant presque le tour du globe, pour son usage exclusif.


Les États-Unis, eux, surveillent de près. Le cadre juridique du Foreign Intelligence Surveillance Act permet des collectes de données dites « upstream », directement sur les câbles. Une cellule informelle, surnommée « Team Telecom », rattachée au FBI et au ministère de la Justice, examine les projets pour empêcher des entreprises étrangères de prendre le contrôle d’infrastructures sensibles.


Conséquence : les entreprises contournent Pékin. De nouveaux tracés évitent la mer de Chine méridionale. Des câbles comme Apricot ou Echo relient Singapour, le Japon ou les États-Unis sans passer par les zones sensibles. Car la vulnérabilité est réelle. Un câble coupé, et des régions entières peuvent être isolées. La Russie l’a bien compris : ses activités sous-marines en mer du Nord inquiètent. Sabotage, espionnage, pression militaire… Les fonds marins redeviennent un terrain stratégique digne de la guerre froide.


Face à cette polarisation sino-américaine, d’autres cherchent une troisième voie. L’Union européenne tente de bâtir sa propre stratégie. Avec le programme Global Gateway, elle promet 300 milliards d’euros pour renforcer ses connexions vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, via des routes alternatives. Des projets méditerranéens ou caucasiens sont lancés, même si les budgets restent modestes.

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