• 19 février 1883 : quand les toilettes deviennent… intelligentes
    Feb 19 2026
    Ah aujourd’hui, c’est un de ces moments que j’aime tant vous raconter : quand l’Humanité fait de grands bonds en avant. Ah j’aime ça. Nous sommes le 19 février 1883 en Angleterre.

    Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les grandes inventions modernes sont souvent, une fois qu’elles existent, des choses tellement évidentes qu’on n’imagine pas comment on a pu faire sans. C’est comme si elles avaient toujours existés. Regardez le préfet Eugène Poubelle qui, la même année 1883 d’ailleurs, ordonne le ramassage des ordures ménagères dans des récipients qu’on va appeler des poubelles. Avant ça, on jetait tout dans la rue depuis les fenêtres. Vous vous rendez compte ?

    Et bien justement, à Herne Hill, un quartier de Londres à côté de Brixton, au sud de la Tamise, pile entre Greenwich et Wimbledon, donc imaginez, en 1883, un décor très Mary Poppins, avec sa bonne société et ces messieurs en habit qui, au pub, au club, sont souvent bien embarrassés quand ils sont occupés au petit coin et qu’on frappe à la porte. Car ils doivent répondre, “c’est occupé”.

    Imaginez leur tête. Surtout si vous êtes un Lord et que croisez juste après en sortant le mec qui a frappé, et qui vous a donc imaginé dans une posture guère aristocratique. Et comme la ville est en train de se surpeupler à grande vitesse, ça arrive tout le temps.

    Bref, un certain Arthur Aswell, qui vit à Herne Hill, en a marre de dire C’est occupé, c’est shocking de parler en des moments pareils !

    Et donc ce 19 février 1883, cet homme dont on ne sait rien si ce n’est qu’il était un sujet de Sa Majesté la Reine Victoria, devient un des grands bienfaiteurs du monde moderne en déposant le brevet de son invention, une mécanique qui fait apparaître le mot occupé à l'extérieur, quand on verrouille la porte des cabinets. Pas étonnant que cette invention soit née au pays de la chasse.
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  • 19 février 1980 : la nuit tragique de Bon Scott
    Feb 19 2026
    Ce 19 février 1980, nous sommes à Londres et c’est vraiment un jour de saison. Fait pas beau, fait froid, sale. D’autant plus que un certain Alistair Kinnear est sorti la veille dans un pub puis une boîte de nuit et qu’il est rentré très tard, bien torché, alors la sonnerie de la porte d’entrée, elle résonne de tous les côtés, surtout dans le crâne, vous savez où les cheveux poussent vers l’intérieur.

    Le mec ouvre, c’est une copine à lui qui monte. Et là, il se dit, meeerde, et Bon ? En effet, il n’est pas rentré seul. Il était avec Bon Scott, oui, le chanteur de AC/DC, groupe qui est au top depuis trois ans. Et Bon était dans un tel état, encore plus bourré que lui, attends, je vais te ramener chez toi. Arrivé devant chez lui, il n’arrive pas à le réveiller mais, dit-il, c’est pas la première qu’il fait le coup, quand il cuve, pas moyen. J’arriverai jamais à le remonter.

    Alors qu’est-ce qui fait le p’tit père, il rentre chez lui, titube jusqu’à son appart, redescend beaucoup plus vite qu’il n’est monté, il met une couverture sur son pote et monte se coucher. En plein hiver ! Et donc, merde, comment il va ? Leslie, tu peux pas aller si Bon est OK. La fille y va et lui dit : la voiture est vide.

    Bon, ben, il s’est réveillé et il est rentré chez lui. Alistair se recouche pour finir de cuver et vers 19.30, quand il sort, il trouve Bon Scott dans la voiture, recroquevillé autour du changement de vitesse et ne respirant plus. Le gars trace vers l'hôpital mais trop tard ! Bon Scott, 33 ans, star du rock, choc mondial, évidemment, pour tous les fans, vous connaissez la suite, le groupe va continuer avec Back in Black.

    Seul problème : cet Alistair Kinnear qui est le seul témoin, n’existe pas. Des journalistes ont gratté il y a vingt ans et ont appris que c’est un pseudonyme et qu’il s’agirait d’un musicien très connu qui a voulu garder l’anonymat. Étrange, comme pour Jim Morrison, même si ça ne change rien, on a perdu Bon Scott un 19 février 1980.
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  • 18 février 1990 : la dernière apparition publique de Freddie Mercury
    Feb 18 2026
    Ce 18 février 1990 au soir, a lieu la cérémonie des Britt Awards, c’est comme les Victoires de la Musique mais comme c’est à Londres, les vainqueurs sont des stars mondiales comme The Cure, Lisa Stansfield, Fine Young Cannibals, U2, des cacahuètes quoi. Et puis aussi un Britt d’honneur pour leur carrière, celui qui est sacré Meilleur groupe des années 80 : Queen.

    Et là, grosse émotion, évidemment, ils apparaissent tous les quatre sur scène.

    Et alors qu’on s’attend à ce que ce soit Freddie qui fasse du show pour les remerciements, c’est Brian May qui parle au nom du groupe.

    Mais ce n’est pas ça qui étonne le plus le public dans la salle et les téléspectateurs aussi, c’est plutôt son visage, cette mâchoire maigre et ce costume bleu qui est deux fois trop grand pour lui. On dirait que le tissu ne contient rien du tout. Ca plombe d’autant plus l’ambiance que si vous êtes Britannique, vous avez sûrement lu les titres de la presse people qui affirme qu’il souffre du SIDA, ce que le groupe nie fermement.

    Et puis au revoir et merci, pas de chanson en direct, rien.

    Mais comme on connaît leur sens de la fête, ils vont bien aller quelque part après la cérémonie. Les photographes qui les suivent ne vont pas être déçus, un gâteau et une fiesta les attendent pour les 20 ans de Queen.

    Alors, pour cette dernière apparition publique de Freddie hors photos volées par des paparazzis, on va voir Freddie avec Rod Stewart, George Michael, Bob Geldof, Liza Minnelli. Freddie ne va, cette fois, pas rester longtemps. Après avoir soufflé un gâteau en forme de Monopoly avec ses trois compères, il s’éclipse, au grand étonnement des invités dans cette boîte alors bien connue de Londres.

    Brian May et Roger Taylor diront : il se remet d’une mauvaise grippe, excusez-le, mais il va mieux.
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    3 mins
  • 18 février 1921 : le premier décollage vertical contrôlé de l’histoire
    Feb 18 2026
    Ce matin du 18 février 1921, il fait froid sur le terrain d’aviation d’Issy-les-Moulineaux, à côté de Paris. C’est un très grand jour dans l’histoire de l’aéronautique et pourtant il n’y a pas de public, ni de fanfare. Déjà parce que les ingénieurs et les mécaniciens ne sont pas sûrs que cette machine étrange posée sur l’herbe va marcher, enfin voler ! C’est une sorte d’insecte métallique, avec des hélices partout.

    L’homme qui l’a conçue est un ingénieur de chez Peugeot qui se nomme Étienne Œhmichen, il est spécialisé dans les moteurs légers. Mais bon, à cette époque, on sait déjà voler, hein. Il le sait, le gars, le monde de l’aviation a déjà bien progressé, la traversée de la Manche et de la Méditerranée, c’est du passé, de l’Atlantique, c’est pour bientôt.

    Par contre, il y a un problème, c’est que les avions décollent comme des albatros : il leur faut une longue piste. Mais tous les autres oiseaux, eux, ils décollent direct, verticalement. Ils sont là, ils sont plus là. Comment faire ? C’est vrai, Superman n’existe pas encore ! Et Icare, il s’est cassé la gueule !

    Bon, depuis 1907, y en a qui ont essayé le décollage vertical, ils ont eu des problèmes ! Leur machines décollent mais elles tremblent, dérivent, et puis retombent. Ooh, elle toute cassée …

    Œhmichen a donc bien compris que le problème n’est pas de monter, il est surtout de garder l’équilibre, donc, il ne faut pas un rotor mais plusieurs. Des grands pour soulever la bestiole, des petits pour corriger.

    Et ce matin du 18 février, le moteur démarre. Les rotors tournent. Et la machine quitte le sol. Verticalement … De quelques dizaines de centimètres, un mètre ou deux, peut-être. Mais elle ne part pas de côté. Elle ne bascule pas. Elle reste en l’air quelques secondes, puis elle redescend, sans casse.

    Ce n’est pas un exploit spectaculaire mais pour la première fois, une machine motorisée a décollé librement, à la verticale, en restant contrôlable. Ce n’est pas encore l’hélicoptère moderne, il est juste immense, bizarre et pas pratique Mais ce n’est plus une machine qui n’existe pas mais qui nexiste !
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  • 17 février 1978 : Kate Bush fait entrer Wuthering Heights dans la légende
    Feb 17 2026
    Ce 17 février 1978, une jeune femme de 19 ans sort son premier album. Elle est Anglaise, se nomme Kate Bush et va d’emblée connaître un immense succès partout dans le monde grâce à un titre : Wuthering Heights.

    Et ce succès, mes enfants, on peut dire qu’il est mérité car déjà c’est du genre “on n’a jamais entendu une artiste et une chanson pareilles”. Vous l’entendiez juste une fois à la radio ou dans un Juke-box, et vous partiez l’acheter chez le disquaire, et encore, sur une fusée. Quelle voix et quelle musique !

    Et encore, on n’a aucune info sur elle, à l’époque. Imaginez si on avait appris que toutes ses chansons, elle les avait écrites quand elle était encore à l’école.

    Et oui, c’est une vocation précoce pour la jeune Catherine d’écrire des chansons sur son piano. Des chansons qui évidemment racontent tous les fantasmes de l’adolescence avec ses greniers, ses fées et ses animaux fantastiques dans les bois, mais aussi le sexe avec ses interdits et ses mystères. Pour les jeunes que nous sommes à l’époque, ça donne de sacrés textes qui sont retranscrits sur la pochette, je ne vous raconte pas la fascination. C’est L’ALBUM à écouter dans sa chambre d’ado.

    Enfin, je ne dois pas vous faire un dessin, il y a ce physique éblouissant et cette grâce de danseuse étoile. Ça fait beaucoup pour une seule artiste, on ne s’étonne pas qu’elle soit la première artiste britannique N°1 dans son pays avec, à la clé, une leçon incroyable pour toute la jeunesse car son contrat avec EMI, elle l’avait signé, avec ses parents, 4 ans plus tôt, à l’âge de 15 ans, mais n’avait pas voulu sortir de disque avant d’avoir son diplôme de secondaires.

    Et souvenez-vous, le temps pouvait sembler long quand on était ado, donc 4 ans, c’est un bail. Alors ce 17 février 1978, imaginez ce que cet album intitulé “The Kick Inside” représente comme victoire, comme aboutissement pour cette jeune fille surdouée de 19 ans.
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  • Mardi Gras à Binche : au rythme des Gilles et des tambours
    Feb 17 2026
    Ce matin, c’est un peu dur d’être ici pour le Binchois que je suis car j’aimerais être dans le hall de l’hôtel de ville de Binche pour le Mardi Gras. Tous les Gilles sont en train d’y être reçus, il y en a plus de mille, ça fait du monde, heureusement il y a un ordre de passage.

    Je sais que ça peut faire sourire mais quand on grandit dans une ville qui est entourée de remparts, ça crée un esprit qu’il n’y a pas ailleurs, il y a une cohésion entre les gens. Et à Binche il y a une fierté. Car on nous a tous parlé de Marie de Hongrie et son somptueux château binchois d’où elle gouvernait la Belgique, la Hollande, l’Allemagne et le Nord de la France.

    Et justement quand j’étais petit, ma grand-mère me racontait que nous avions le plus vieux carnaval du monde, qu’il existait depuis le jour de la visite de l’empereur Charles Quint, le frère de Marie de Hongrie, où il était arrivé accompagné d’Incas, qui faisaient partie de son empire, avec leurs grands chapeaux à plumes. Et que depuis, le Gille commémore cette visite.

    Est-ce que c’est vrai ? Non, probablement, c’est une légende inventée par un journaliste au XIX° siècle. La trace écrite la plus ancienne qu’on ait sur les gilles à Binche, c’est quand Napoléon les a fait interdire en 1795, 250 ans plus tard. Donc, mystère là-dessus.

    Par contre, cocorico, Binche a bien un des carnavals les plus anciens d’Europe, car un écrit en atteste l’existence, tenez-vous bien, bien avant Charles Quint, en 1394. Vous vous rendez compte, ça veut dire qu’il existait déjà, donc il est né avant, et si ça tombe, bien avant 1394.

    Alors, pour la première fois dans la Nosta Family, je pense que cela mérite qu’on envoie un air d’avant dîner, vous savez ce que c’est ? C’est le rythme très spécifique du tambour qu’on joue en allant chercher les gilles tôt dans la nuit et qui résonne durant toute la matinée sur le pavé des rues et ruelles médiévales de Binche, le mardi gras. Allez tambour !
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  • 16 février 1923 : Toutankhamon et la naissance de la “Tutmania”
    Feb 16 2026
    Ce 16 février 1923, je vous emmène en Egypte. Il va se passer un événement dont on parle depuis des mois dans le monde entier et qui est en train de susciter une mode incroyable. Nos deux héros se nomment Howard Carter et Lord Carnarvon. Carter est égyptologue, Carnarvon est fortuné, vous avez compris qui finance les travaux de l’autre.

    Depuis Napoléon et Champolion, des savants ont découvert des dizaines de tombes : Khéops, Ramsès, etc, ce qui a suscité de nombreuses modes chez nous surtout dans l’architecture. Mais à chaque découverte, un gros soupir : très peu de trésors. Et oui, en 3, 4000 ans, des pilleurs de tombes sont passés avant. Et donc le projet de Carter, c’est d’en trouver une intacte. Car au-delà de trouver des trésors, on ignore à quoi ça ressemblait.

    Ça fait donc des années qu’il creuse quand, à côté d’une tombe, sous des éboulis, un de ses ouvriers trouve une marche qui descend vers nulle part. Ils creusent et découvrent tout un escalier avec au fond, une porte et une inscription : Toutankhamon. Un pharaon inconnu, oublié, puisqu’il est mort jeune au XV° siècle avant JC.

    Les premières salles mises à jour sont quasiment intactes, c’est dingue : toute la presse mondiale parle de Toutankhamon, le pharaon inconnu. Et oui, dès la découverte de la première marche, pour amortir le coût de son expédition, Carnarvon a vendu l’exclusivité de la découverte imminente de la momie et du trésor au Times qui en fait son feuilleton.

    Et donc ce 16 février 1923, l’inespéré arrive : Carter ouvre la dernière porte et trouve la chambre mortuaire intacte du jeune roi qui va devenir le pharaon le plus célèbre, 3500 ans après sa mort. La salle contient des milliers d’objets et bien sûr le sarcophage. Et là, c’est les gros titres ! Toutankhamon par ci, par là. Tout le monde en veut au point que Carnarvon vend des licences de produits de beauté, des services de vaisselle, c’est la première production en masse de produits dérivés culturels. Il va cependant mourir peu de temps après, d’une piqure de moustique, ravivant le mythe de la malédiction des pharaons ; mais cela ne va qu’amplifier la médiatisation de ce qu’on a appelé la Tutmania.
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  • 16 février 1907: Giosuè Carducci, un Nobel pour l’éternité, deux mois avant la fin
    Feb 16 2026
    Ce 16 février 1907, nous sommes à Bologne et, on a beau être en Italie, l’hiver est encore bien installé, les rues sont calmes, et dans un appartement de la via Mazzini vit un homme que toute l’Italie connaît : Giosuè Carducci.

    Son nom est inconnu chez nous mais en Italie, c’est un monument vivant. Professeur d’université, c’est un écrivain dont on apprend les poèmes à l’école.

    Mais surtout, quelques semaines plus tôt, en novembre 1906, Carducci a changé de catégorie, il a reçu ce que tout écrivain rêve d’avoir un jour : le Prix Nobel de Littérature. Bon, ce prix est encore tout jeune, mais déjà, le Nobel, c’est la consécration suprême, de plus, il est le premier Italien à l’obtenir. Pour le pays, c’est un honneur immense, on en parle dans tous les journaux. C’est vrai tout le monde connaît L’Enfer de Dante mais le mec vivait au début des années 1300, avec le Nobel, l’Italie littéraire est de nouveau sur la carte du monde actuel, vous voyez !

    Et puis le Nobel, ce n’est pas qu’une médaille. C’est aussi des pépètes, une somme considérable. De quoi savourer enfin, après une vie de labeur et d’efforts, un quotidien aisé et confortable.

    Et ben non ! Déjà Carducci n’a pas pu se rendre à Stockholm en décembre car il était trop fatigué pour voyager. Le Nobel lui est remis chez lui, il n’y a pas eu le fameux discours public, et ce 16 février 1907, Carducci, ben, il décède chez lui d’une cirrhose du foie, à l’âge de 71 ans.

    À peine deux mois après avoir reçu le Prix Nobel. Pas de pot, hein !

    La nouvelle va se répandre immédiatement : les journaux parlent de deuil national. Mais bon, messieurs des académies, la leçon de ce 16 février 1907 c’est que quand la reconnaissance arrive au moment où elle ne peut plus rien changer dans une vie, elle ne récompense pas, elle ne sert que celui qui a remis le prix. C’est beau, hein ? C‘est de moi
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