Episodes

  • René Jacobs
    Feb 9 2026
    Chaque semaine Nicolas Blanmont reçoit un artiste du monde musical pour brosser, le temps d'une émission, son autoportrait.

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    30 mins
  • Tedi Papavrami, violoniste
    Jan 29 2026
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    34 mins
  • John Osborn, ténor
    Jan 26 2026
    On ne voudrait pas jeter de l’huile sur le feu des relations transatlantiques, surtout dans le contexte que l’on sait, mais la question mérite d’être posée : les ténors américains règnent-ils sur l’opéra français ? En Europe en tout cas, quand il s’agit de chanter le grand opéra façon Meyerbeer ou Halévy, ils se taillent la part du lion. Ils, et notamment John Osborn, natif de Sioux City, dans l’Iowa. Les mélomanes européens ont découvert son nom quand, il y a une bonne vingtaine d’années, il s’est retrouvé plusieurs fois aux côtés de Cecilia Bartoli à l’Opéra de Zurich, dans le très rare Clari de Halévy puis en Otello de Rossini ou même en Pollione de Norma. Mais bien avant cela, Osborn, formé dans le cadre du programme de jeunes artistes du Metropolitan Opera à New York, avait déjà remporté au Concours Operalia à Bordeaux le premier prix côté masculin en 1996. Une année où avait été couronnée côté féminin une autre artiste américaine, la soprano Lynette Tapia qui est depuis devenu son épouse et avec laquelle il se produit régulièrement en duo. Revendiquant avec pragmatisme et modestie une certaine capacité d’imitation, Osborn chante avec une même aisance en italien – le Comte Almaviva du Barbier de Séville est le rôle qu’il a le plus interprété – et en français, que ce soit le répertoire romantique pur – la rencontre s’est faite en septembre 2025 à Liège en marge d’une production de Faust où il tenait le rôle-titre – ou même dans le genre marathonien du grand opéra : on se souvient de l’avoir vu incarner Raoul de Nangis dans Les Huguenots de Meyerbeer dans la mémorable production de Marc Minkowski et Olivier Py à la Monnaie en 2011. Actuellement, John Osborn est de retour à la Monnaie, cette fois pour chanter le rôle-titre du très rare Benvenuto Cellini de Berlioz. Pour la suite de la saison, il y aura encore de l'opéra français avec Werther de Masssenet et Le Prophète de Meyerbeer, mais aussi de l'opéra italien avec I Puritani de Bellini, ainsi que Rigoletto et Les Vêpres siciliennes de Verdi. Le tout sur le vieux continent…

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    35 mins
  • David Fray, pianiste
    Jan 14 2026
    C’est un des pianistes les plus discrets mais les plus intéressants de la scène actuelle. Ses disques sont rares, mais toujours importants. David Fray est l'invité de Nicolas Blanmont dans Autoportrait. David Fray est né le 24 mai 1981 à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Cela s’entend d’ailleurs un peu, et il revendique cette identité. Il a étudié au fameux Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe de Jacques Rouvier, puis s’est perfectionné notamment avec Christian Ivaldi ou Claire Désert. Il a remporté divers concours, notamment à Hamamatsu au Japon et à Montréal au Canada, juste le temps de se faire connaître, de décrocher un premier contrat discographique puis de se mettre à l’abri de ce monde compétitif pour lequel il n’est pas fait. Derrière son image de romantique ténébreux, David Fray est un artiste fondamentalement humble st simple, et ce n’est pas par hasard qu’il cite Wilhelm Kempff comme référence absolue. Le hasard a voulu que son mariage le sorte un peu, contre son gré presque, de sa discrétion naturelle : il a épousé Chiara Muti, comédienne, metteuse en scène et fille de Riccardo Muti. Ceci pour expliquer que, quand on lui demande de choisir entre Verdi et Wagner, il comment : " Familialement, c’est délicat. " Ils ont créé et joué ensemble un spectacle intitulé L’enfant oublié, évocation de la figure du jeune fils handicapé de Louis XVI et Marie Antoinette. Et David Fray est également le directeur artistique de L’offrande musicale, un festival de musique original puisqu’il a pour axe central les personnes en situation de handicap : un véritable projet humaniste et solidaire, avec notamment 20 % des places réservées et offertes aux personnes en situation de handicap et à leur accompagnant, des accompagnateurs bénévoles, des navettes adaptées ou la diffusion des concerts auprès des personnes se trouvant dans l’incapacité totale de se déplacer. Alternant des pièces ou extrais de pièces de Bach, Haendel, Rameau ou Royer, Baroque encores, le dernier disque de David Fray vient de paraître chez Erato, et c’est assurément un des plus beaux disques de l’année 2025. Aucun concert n’est prévu en Belgique dans l’immédiat, et les programmateurs feraient bien de s’en aviser et de l’inviter sans tarder.

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    32 mins
  • Julie Fuchs
    Jan 5 2026
    Chaque semaine Nicolas Blanmont reçoit un artiste du monde musical pour brosser, le temps d'une émission, son autoportrait.

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    30 mins
  • Peter De Caluwe
    Dec 11 2025
    Entré à la Monnaie en 1986 quand elle était dirigée par Gérard Mortier, Peter De Caluwe la quitte quarante ans plus tard, ayant entretemps fait un long détour par Amsterdam puis effectué trois mandats comme grand patron de la maison bruxelloise. Toute la carrière de ce Flamand polyglotte, né en 1963 à Termonde, s’est faite dans le monde de l’opéra, tout à tour comme dramaturge, attaché de presse, directeur de la communication, responsable du casting, coordinateur artistique et enfin directeur général et artistique, intendant dirait-on dans le monde germanique. Après un coup de foudre pour l’opéra provoqué par une représentation de La Forza del Destino de Giuseppe Verdi aux Arènes de Vérone, un titre qui restera fétiche pour lui, deux rencontres déterminantes ont orienté sa vie : celle d’un autre Flamand, le Gantois Gérard Mortier, grand rénovateur de l’opéra à la fin du siècle passé, et celle du Franco-Libanais Pierre Audi ensuite, metteur en scène et directeur d’opéra atypique mais figure tutélaire dont la longévité à l’Opéra d’Amsterdam aura assurément servi de modèle à De Caluwe arrivé à la Monnaie. Certes, son départ imminent de Bruxelles a été plusieurs fois annoncé, que ce soit pour le Festival de Salzbourg ou pour l’Opéra de Paris – deux postes que son premier mentor, Gérard Mortier, avaient lui aussi occupées – et ce n’était sans doute pas un hasard. Mais, finalement, ces velléités de changement se sont toujours arrêtées sur l’avant-dernière marche du podium et la Monnaie, choix du cœur au départ, est aussi devenu choix de la raison. Continuateur de la ligne Mortier comme Bernard Foccroulle l’avait été avant lui, De Caluwe a lui aussi réussi à concilier cette fidélité sans faille à une vraie part de créativité – colorier en dépassant les lignes comme il le dit joliment -, avec à la clé forcément des réussites et des échecs. Son départ était l’occasion d’en parler avec lui, et ainsi de revenir sur le parcours d’un homme qui a la modestie de ne pas se prendre pour un artiste, mais assume que son métier aura été un peu celui d’un cuisinier. Le 31 décembre 2025, avec la dernière représentation de Norma mise en scène par Christophe Coppens, un metteur en scène qu’il a découvert ou peut-être même inventé, l’ère de Peter De Caluwe s’achèvera définitivement à la Monnaie. On n’imagine pas vraiment que, à 62 ans, il se contente de faire son jardin. On ne le voit pas non plus se recycler en banquier d’affaire. Alors ? Il avoue travailler sur un projet de nouveau festival multidisciplinaire au financement encore incertain, mais on n’en sait pas plus pour le moment.

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    38 mins
  • Frank Braley, pianiste
    Dec 4 2025
    De façon un peu familière, on aurait tendance à considérer que, dans la vie musicale belge, Frank Braley fait partie des meubles. Très exactement depuis le 31 mai 1991. Ce jour-là, âgé de 22 ans, ce jeune pianiste français inscrit à la dernière minute au Concours Reine Elisabeth, premier étonné de se retrouver en finale, éblouit la salle Henry le Bœuf, les téléspectateurs et surtout le jury en ne jouant ni Bartok, ni Brahms, ni Rachmaninov, ni Tchaïkovski, mais le Quatrième concerto de Beethoven. Audace suprême de la simplicité. Banco : il remporte le Premier Grand Prix et le Prix du Public. Né à Paris en 1968, Braley avait joué aussi du violon avant de tomber amoureux, pour reprendre ses propres mots, de ce magnifique gros jouet qu’est le piano. Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs der confesser qu’il rêve de jouer l’harmonica, forcément plus transportable. Il est devenu pianiste professionnel sans pression familiale, sans renoncer aux plaisirs de la jeunesse et, presque 35 ans plus tard, il reste un pianiste respecté sure la scène internationale sans avoir rien perdu de sa simplicité, de sa sincérité et de son refus des convenances. Braley est le premier à dire que le Concours Reine Elisabeth a changé sa vie. Tant et si bien que, pas ingrat pour un sou, il y est d’ailleurs revenu plusieurs fois. Comme membre du jury – ce qui est un cursus normal pour un ancien vainqueur – mais aussi comme chef d’orchestre ayant dirigé les demi-finales, ce qui est plus inhabituel. C’est qu’entretemps, chambriste passionné et apprécié de ses collègues, il a poussé la musique de chambre jusqu’à diriger, pendant cinq ans, l’orchestre Royal de Chambre de Wallonie, et pas seulement au Concours. Une expérience qu’il définit aujourd’hui comme parenthèse incroyablement enrichissante tout en précisant qu’il ne pense pas être vraiment un chef. Avant d’ajouter, l’instant d’après, qu’il aimerait quand même diriger Le sacre du printemps. Dans ses rêves figure aussi celui de développer des capacités d’improvisateur pour jouer du jazz, et d’être capable de chanter tout en s’accompagnant au piano. Pour nous faire le Winterreise ? Nullement : pour chanter Bohemian Rhapsody. Car Braley, qui répète volontiers que Le romantisme, ce n’est vraiment pas mon esthétique et dont, effectivement, le répertoire semble s’arrêter à Beethoven et Schubert pour ne reprendre qu’à Debussy et Gershwin, se définit aussi comme grand fan de Queen et de Muse. Tout en précisant qu’il préfère la musique où l’on se passe de mots et que, donc, il n’aime pas l’opéra. Pas plus, d’ailleurs, que Tintin ou les huitres Le 12 décembre, Frank Braley donnera au Cercle Gaulois à Bruxelles un récital au bénéfice de l’Institut d’Etudes pour la Justice.

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    36 mins
  • Sol Gabetta, violoncelliste
    Nov 26 2025
    C’est le genre de patronyme qui sonne comme un pseudonyme, mais qui n’en est pas un : depuis vingt ans et quelques, Sol Gabetta émerveille la planète classique et laisse son nom sur quelques enregistrements majeurs, mais aussi dans toutes les grandes salles de concert. Elle a vu le jour en Argentine en 1981 mais a rapidement émigré en Espagne, où elle a commencé à se former avec le violoncelliste letton Ivan Monighetti, un élève de Rostropovitch, qu’elle a ensuite suivi à Bâle quand il est parti y enseigner. Née d’une mère russe et d’un père aux origines italiennes et françaises, Sol Gabetta vit désormais en Suisse, tant et si bien qu’elle possède aujourd’hui trois passeports (argentin, français et suisse), ce qui n’est sans doute pas trop pour voyager autant qu’elle le fait. Tous les grands orchestres du monde la demande, mais elle a aussi fondé son propre ensemble, la Capella Gabetta, avec son frère, le violoniste Andrès Gabetta. Elle excelle avec le même naturel en soliste de grands concertos et en chambriste raffinée, en passionnée de baroque et en création contemporaine, en créatrice et directrice artistique d’un festival qui a déjà vingt ans d’âge ou en pédagogue réputée. On sait aussi qu’elle aime aussi les rencontres fertiles, et on se souvient notamment des disques qu’elle a signés avec des partenaires aussi différents qu’Hélène Grimaud, Bertrand Chamayou, Cecilia Bartoli ou Patricia Kopatchinskaya. En interview, Gabetta se révèle aussi généreuse que quand elle joue du violoncelle : elle parle avec plaisir, détaille ses ressentis, saute d’une idée à l’autre puis revient au point de départ. Le 6 décembre, pour la Saint-Nicolas, Sol Gabetta sera à Bozar pour célébrer la mémoire de Lise Cristiani, la violoncelliste du XIXe siècle au centre de son dernier disque, paru chez Sony Classical comme la plupart des précédents. Ce sera également le premier des quatre concerts qu’elle donnera dans la salle bruxelloise, où elle reviendra encore en 2026, successivement avec Kristina Bezuidenhout, Semyon Bychkov et Santtu-Matias Rouvali. Mais on pourra également l’entendre à Anvers et Gand puisqu’elle y jouera le concerto d’Elgar, son concerto fétiche, sous la direction de Mikko Franck.

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    36 mins