60 % des sportifs victimes de violences en club ?
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En France, près de six sportifs sur dix déclarent avoir subi des violences au sein de leur club. Pas seulement des incidents isolés, mais des agressions psychologiques, physiques, sexuelles ou liées à la négligence. Des faits qui restent souvent invisibles, parce que les victimes parlent peu, par peur, par honte ou parce qu’elles ne savent même pas toujours que ce qu’elles ont vécu relève de la violence. Une étude menée en 2024 auprès de 2 250 athlètes âgés de 14 à 45 ans dresse pour la première fois un tableau précis de la situation. Les chercheurs ont interrogé des pratiquants amateurs comme compétitifs. Résultat : 59 % des répondants disent avoir subi au moins une forme de violence depuis leur arrivée dans leur club actuel.
À l’étranger, d’autres travaux arrivent aux mêmes conclusions : la violence psychologique est la plus répandue. Elle est d’autant plus insidieuse qu’elle se confond avec les normes du milieu sportif. On encourage les athlètes à « s’endurcir », à « accepter la douleur », à « se sacrifier ». Cette culture de la dureté brouille la frontière entre exigence et abus. L’étude montre aussi que les violences ne surviennent presque jamais seules. Elles se cumulent.
Certains sports apparaissent plus exposés. Les sports collectifs — football, rugby, handball, basket — ainsi que les sports de combat présentent davantage de violences physiques, sans doute à cause des contacts fréquents et des dynamiques de rivalité. Chez les hommes de plus de 20 ans pratiquant un sport collectif, 57 % déclarent des violences physiques. À l’inverse, les sports dits de précision ou artistiques — tir à l’arc, danse, gymnastique rythmique, natation synchronisée — affichent des taux beaucoup plus faibles, autour de 7 %.
Autre facteur déterminant : le niveau de pratique. Plus la compétition est élevée, plus le risque grimpe. Les athlètes de niveau national ou international sont particulièrement exposés. Chez les sportifs de haut niveau de moins de 35 ans, 73 % déclarent des violences psychologiques. La quête de performance, la pression constante, la normalisation de la douleur créent un climat propice aux excès. Ce qui serait inacceptable ailleurs devient parfois toléré au nom du résultat. Les violences sexuelles, elles, touchent un sportif sur cinq.
Un détail a particulièrement frappé les chercheurs : les sportifs ayant vécu des violences sont aussi ceux qui abandonnent le plus souvent le questionnaire avant la fin. Comme si évoquer ces souvenirs était trop douloureux. Cela laisse penser que les chiffres réels sont encore plus élevés. Ce constat pose une question essentielle : comment faire du sport un espace réellement protecteur ?
Source : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01937235251410871
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